Le contexte
Une charcuterie-traiteur du quartier Sainte-Catherine à Bruxelles, ouverte depuis 1998, voulait vendre en ligne. La voie évidente — s'inscrire sur une plateforme de livraison — pose trois problèmes bien connus des commerçants : une commission prélevée sur chaque commande, une relation client qui appartient à la plateforme, et une image de marque diluée parmi des centaines d'enseignes.
Le choix a donc été de construire une plateforme en propre, sur le modèle du click & collect : le client compose sa commande en ligne et vient la retirer au comptoir. Pas de logistique de livraison à absorber, pas de commission, et un fichier client qui reste celui du commerçant.
Ce que j'ai construit
Catalogue structuré
produits organisés en catégories (salades, charcuteries, fromages, sandwichs chauds, végétarien, galettes), avec mises en avant « coup de cœur », « populaire » et « nouveau ».
Parcours de commande
recherche, panier, récapitulatif et validation, pensés pour aboutir en moins d'une minute.
Statut d'ouverture en temps réel
l'établissement affiche son état ouvert/fermé et n'accepte de commandes que sur ses plages horaires réelles.
Compte client
historique des commandes et recommande rapide.
Back-office commerçant
gestion du menu, des prix, des disponibilités et suivi des commandes entrantes.
Pages de contenu
présentation, galerie photo, FAQ, informations pratiques, mentions légales et CGV.
Aide à la venue
horaires détaillés, itinéraire et localisation, puisque le retrait sur place est le cœur du modèle.
Architecture & choix techniques
L'application est construite en monopage rendue côté serveur (Laravel + Inertia + Vue 3) : la navigation est instantanée comme sur une application, mais le contenu reste indexable et il n'y a qu'une seule base de code à maintenir, sans API publique à versionner en parallèle.
Le moteur d'horaires est plus subtil qu'il n'y paraît. Il ne s'agit pas d'afficher un texte : les horaires conditionnent la possibilité même de commander, doivent gérer des jours différents, des fermetures exceptionnelles et le passage à l'heure d'hiver. C'est la première source de litige dans ce type de service — une commande acceptée alors que la boutique est fermée.
Le catalogue est entièrement pilotable par le commerçant. Dans la restauration, une carte change au rythme des arrivages : si chaque modification passe par le développeur, le service meurt en quelques semaines.
Le click & collect plutôt que la livraison est un choix structurant et non une limitation : il supprime la partie la plus coûteuse et la plus fragile d'une marketplace (la logistique du dernier kilomètre) tout en gardant l'essentiel de la valeur pour le commerçant.
Les défis techniques
La disponibilité réelle. Un produit épuisé doit disparaître immédiatement du parcours, sans quoi la déception se reporte sur le commerçant au moment du retrait.
La rapidité du parcours. L'objectif affiché est une commande en moins de trente secondes : chaque étape supplémentaire se paie en abandons.
Le mobile d'abord. La commande se passe majoritairement depuis un téléphone, souvent dans la rue, parfois sur un réseau médiocre.
Une carte vivante. Produits saisonniers, variantes et sauces maison : le modèle de données devait absorber cette variété sans multiplier les cas particuliers.
Un back-office tenable au comptoir. L'interface de gestion est utilisée entre deux clients, souvent sur tablette — elle devait être compréhensible sans formation.